Installation
Entrée libre de 15h à 18h
du 12 mars au 12 avril 2008
Vernissage le 11 mars à 19h
ouvert du mardi au samedi
« Ma voie est traversée par un fil unique qui relie tout » Confucius
De ses origines périgourdines Bernadette Maille a gardé ses premières confrontations aux peintures rupestres, mais aussi ses premiers étonnements et interrogations sur la naissance « de » et « à » l’humanité. Ces traces, comme premiers morceaux de culture, la poursuivent. Les ombres, les empreintes de mains, de pieds, sur la terre, sur les murs, ces ombres et empreintes reconnues et identifiées ne sont-elles pas les premiers accès à l’humain. Le trait sur une surface vierge, indistincte, confuse, n’est-il pas aussi un des premiers gestes d’humanité, en séparant, différenciant, ordonnant… le monde et initiant le geste de l’artiste. C’est dans ce retour à ces modes d’expression premiers et universels que s’inscrit l’oeuvre de Bernadette Maille, travail sur le trait, la ligne, la trace, la représentation et aussi leurs effets « coupure » et « cicatrice » . Très vite y est associé le fil, fil
qu’elle incrustera dans la matière de ses tableaux . C’est avec le fil qu’elle trouve la ligne, avec la ligne son écriture, l’écriture… Ce sont ainsi toutes les écritures qui sont interrogées, depuis les caractères cunéiformes des Sumériens aux traces de fils, coulures, autres lignes-écritures exprimées dans l’art contemporain, de Henri Michaux à Pollock et Cy Tombly. Mais avec le fil se développe, se déploie le travail de culture et de représentation. Avec le fil s’ouvre le travail de tissage, métaphore du lien, les entrelacs, les nœuds mais aussi en contrepoint : l’effiloché, le déchiré, le déconstruit. Ses tableaux nommés : « racines » « cicatrices » « nœuds » présentant des formes épurées s’inscrivent dans cette approche. C’est encore autour de ces thèmes que Bernadette Maille présente aujourd’hui des installations. Si nous retrouvons les mêmes éléments contenus dans ses toiles (plâtre, fils, traces), ils se déploient maintenant dans l’espace pour mieux faire participer le spectateur.
Ces installations succèdent à deux manifestations récentes (« d’un arbre à l’autre » dans le parc Charron à Ambares - juin 2006 et au Domaine Beauval à Bassens septembre 2007) qui combinaient également constructions naturelles, objets sculptures, jeux d’ombres et de lumières. Un des sujets principaux de ses installations était le « nid », autre élément riche en métaphores... Dans les installations proposées à l’espace 29 sont présentes ces mêmes préoccupations autour de l’accés à la culture et aux symboles : ce sont des totems où sont suspendus des amulettes, des ex-voto, des icones. Cette mise en scène se veut également ludique. Il en est ainsi de l’ex-voto « sweet dreams » qui se joue des oppositions, du montré/caché, du dit et du non-dit, des contraires, du clivage bon / mauvais, de l’ambivalence. Par le parcours qu’elle propose, elle confronte également le spectateur à un labyrinthe. C’est aussi une invitation au voyage parmi des objets fragiles, éparpillés, énigmatiques, inconnus et reconnus, trouvés et retrouvés. Ainsi Bernadette Maille continue de développer un vocabulaire, une technique très personnelle , unique qui la rendent sans cesse reconnaissable………entre tous.











